Portrait inédit
“Pierre Corneille devant la ville de Rouen en 1648”
Ce tableau (0,90 x 0,71) que la famille Corneille (Paris) nous a aimablement autorisés à mettre en ligne sur le site corneille-moliere.org est d’un artiste qui, malgré l’avis de deux experts, n’a pas encore pu être identifié. Toutefois cette œuvre appartient à l’Ecole française et sa facture ainsi que la caractéristique des "craquelures" permettent de la dater du XVIIe siècle.
Un indice de l’époque de sa composition ou, du moins, de l’âge que peut avoir Pierre Corneille tel qu’il est représenté ici, nous est donné par les deux tomes qu’il tient fermement dans sa main gauche. Une seule véritable édition de son théâtre complet se présente en deux volumes, in-12 : Œuvres de Corneille / Imprimé à Rouen, et se vend / A Paris, / Chez Augustin Courbé, / au Palais dans la petite Salle, / à la Palme / M. DC. XLVIII [1648] / Avec Privilège du Roi. Dès 1652, le théâtre complet de Pierre Corneille comportera trois volumes, et les éditions successives en compteront toujours plus, à l’exception de l’édition de prestige de 1664 en 2 grands volumes (in-folio).
L’achevé d’imprimer du second volume date du 31 (sic) septembre 1648. C’est cette édition de ses œuvres, reliée en maroquin rouge, que Corneille adressa à M. de Zuylichen (que nous connaissons mieux aujourd’hui sous le nom de Constantin Huygens, dédicataire de Don Sanche d’Aragon) et qu’il mentionne dans sa lettre du 6 mars 1649 : « Vous y trouverez rien de supportable qu’une Médée, qui véritablement a pris quelque chose d’assez bon à celle de Sénèque et ne l’a pas tellement défigurée qu’il ne lui reste une partie de ses grâces. » Le second tome de cette édition inclut Le Cid avec, pour la première fois, le sous-titre « tragédie » au lieu de « tragi-comédie ».
Pierre Corneille, en costume des premières années du règne de Louis XIV, avec la calotte et le rabat, a 42 ans. La ville que nous distinguons à l’arrière-plan, au centre de la toile, est reconnaissable grâce à sa construction la plus prestigieuse : la cathédrale Notre-Dame de Rouen, d’inspiration gothique. Sur le devant coule la Seine.
Le fait que l’auteur de Cinna (1641) et d’Héraclius (1646) touche, de la main droite, sa poitrine est symbolique : il nous montre qu’il a, autant que son célébrissime héros Rodrigue, du cœur et du courage. A sa façon, Pierre Corneille illustre l’adage avoir du cœur à l’ouvrage.
(Pour toute utilisation de ce portrait indiquer “site corneille-moliere.org”)