Personnages qui, à bien y réfléchir, sont toujours dans les coulisses de toute grande carrière.
C’est parce que ces trois personnalités hors du commun se sont rencontrées dans une quatrième douée d’un instinct d’adaptation étonnant que nous autres Modernes nous trompons du tout au tout sur l’"auteur" Molière parce que l’après Révolution française, mais aussi le Romantisme, et plus encore la IIIe République laïque ont vu leur intérêt dans l’entretien de cette erreur de jugement transformée en culte du Héros national.
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LEGENDAIRE
MOLIERESQUE
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VRAIE VIE
DE POQUELIN
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1622 Baptême de Jean-Baptiste Poquelin.
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1622 Baptême de Jean-Baptiste Poquelin
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1632 Mort de sa mère.
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1632 Mort de sa mère
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1636 Etudes au collège de Clermont.
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1636 Pas de document sur ses études. Le témoignage de La Grange contient des erreurs manifestes. Chez les Poquelin (oncles compris car Robert Poquelin, chef de la famille, est un des premiers actionnaires de la Compagnie des Indes ; Pierre Poquelin dirige une entreprise de messageries entre Paris et l’Italie) on ne parle que d’argent. Pas de livres, sauf la Bible et un Plutarque (best-seller de l’époque). Des créances, des bijoux. Perrault, Grimarest, et aussi Voltaire nous disent que Jean-Baptiste, jusqu’à quatorze ans, n’est pas allé à l’école.
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1640 Avec Chapelle et Cyrano de Bergerac, Molière suit les cours du philosophe épicurien Gassendi.
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1640 Longtemps les moliéristes prétendirent que Poquelin, à cette époque, suivait les cours du prestigieux philosophe Gassendi et était l’ami de Cyrano de Bergerac. Aujourd’hui la critique universitaire reconnaît qu’il n’en est rien.
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1641 Etudes de Droit à Orléans.
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1641 La Faculté d’Orléans faisait commerce de diplôme. Poquelin père en a acheté un à son fils. Mais rien ne prouve des études. Les moliéristes d’aujourd’hui n’y croient plus
Aucun témoignage ne dit que Madeleine Béjart ait été le moins du monde amoureuse de Poquelin (il n’est pas beau, a quatre ans de moins ; elle a déjà un amant : le comte de Modène).
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1642 Voyage à Narbonne avec Louis III, il participe aux aventures de Cinq-Mars.
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1642 Rien n’atteste cette anecdote désormais rejetée par les spécialistes.
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1643 Il reçoit en avancement d’hoirie de son père 630 livres. Participe à la fondation de l’Illustre Théâtre avec Madeleine Béjart et ses frères.
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1643 Il reçoit en avancement d’hoirie de son père 630 livres avec lesquelles il paie sa participation à l’Illustre Théâtre créé par Madeleine Béjart et ses frères quelques mois ou années plus tôt.
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Amours de Molière et de Madeleine Béjart.
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Aucun témoignage ne dit que Madeleine Béjart ait été le moins du monde amoureuse de Poquelin (il n’est pas beau, a quatre ans de moins ; elle a déjà un amant : le comte de Modène).
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La Troupe séjourne six mois à Rouen.
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La Troupe séjourne six mois à Rouen, fréquente Pierre Corneille qui, avec son notaire, Me Cavé, l’aide à aménager un jeu de Paume à Paris.
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¡ La Troupe interprète à Rouen Le Menteur et diverses tragédies de Pierre Corneille.
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¡ Corneille donne à Poquelin son nom de guerre : Moliere, sans accent, comme Poquelin l’écrira toujours, de l’ancien verbe molierer, légitimer.
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1644 Pour la première fois Poquelin signe du pseudonyme de Molière. On ne connaît pas l’origine de ce nom ni les motivations de Molière.
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1644 Pour la première fois Poquelin signe du pseudonyme de Moliere. Et en tant que légitimé, il signe le premier.
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1645 Vie itinéraire de la Troupe en province. Elle vit misérablement sur le modèle du Roman comique de Scarron.
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1645 Vie itinéraire de la Troupe en province. Des documents prouvent qu’elle gagne bien sa vie, investissant de fortes sommes et louant de belles maisons. Un autre document prouve que Poquelin père sert de banquier à son fils devenu « thrésorier » de la compagnie.
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La Troupe se fond dans la celle de Charles du Fresne et devient peu à peu celle de Molière.
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La Troupe se fond dans celle de Charles du Fresne qui en reste le chef comme des documents le prouvent. Molière est cité comme simple comédien.
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1650 Molière écrit et signe un reçu de 4 000 livres des Etats du Languedoc.
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1650 Molière écrit et signe un reçu de 4 000 livres des Etats du Languedoc. Il n’y a que deux lignes, mais à vingt-huit ans « Moliere » ne sait pas accorder les participes passés.
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1653 Le Prince de Conti sympathise avec Molière et accorde son parrainage à la Troupe.
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1653 Grâce aux charmes de Marquise du Parc qui séduit Sarrazin, l’intendant du prince de Conti, la Troupe obtient le parrainage du prince.
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A Lyon, la Troupe rencontre Beltrame chef d’une célèbre troupe de commedia dell arte.
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A Lyon, la Troupe rencontre Beltrame chef d’une célèbre troupe de commedia dell arte. Elle lui achète l’original italien de L’Etourdi et sans doute celui du Dépit amoureux
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La Troupe héberge pendant six mois le poète et musicien Charles Dassoucy, collaborateur de Pierre Corneille pour Andromède.
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La Troupe héberge pendant six mois le poète et musicien Charles Dassoucy, collaborateur de Corneille pour Andromède. Elle le gave de bons plats, comme Dassoucy le raconte, pour l’aider à trouver l’énergie suffisante pour versifier L’Etourdi et Le Dépit amoureux.
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1655 La Troupe de Molière joue L’Etourdi, première grande pièce de Molière.
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1655 La Troupe, qui n’est toujours pas celle de Molière, joue L’Etourdi. Elle interprète aussi l’Andromède de Pierre Corneille (et Dassoucy pour la musique) car elle espère le revoir bientôt.
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1656 La Troupe joue Le Dépit amoureux, deuxième grande pièce de Molière..
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1656 La Troupe joue Le Dépit amoureux.
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Molière écrit et signe un reçu de 6 000 livres des Etats du Languedoc
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Molière écrit et signe un reçu de 6 000 livres des Etats du Languedoc. Il n’y a que deux lignes, mais à trente-quatre ans, Molière ne sait toujours pas accorder les participes passés. Cela ne l’empêche pas d’être trésorier et aussi, sur scène, d’être le faire-valoir de Madeleine Béjart qui a pris la tête de la troupe (Du Fresne s’est peu à peu effacé).
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Madeleine Béjart a écrit plusieurs pièces dont une adaptation : Don Quichotte ou les enchantements de Merlin. Son frère Joseph est lui aussi écrivain.
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1658 Séjour de six mois à Rouen.
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1658 Séjour de six mois à Rouen. Thomas Corneille a écrit à son ami l’abbé de Pure qu’ils attendent, son frère aîné et lui, l’arrivée de Madeleine Béjart et de sa troupe (ils se connaissent depuis 1643).
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¡ Corneille qui n’a plus touché de pension depuis 1651, qui n’a plus rien donné à jouer depuis sept ans, et qui se sait passé de mode, accepte de les aider à ouvrir le troisième théâtre de Paris. Comme la Troupe a de l’argent et Corneille de l’entregent, ils s’associent.
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Corneille s’est épris de la comédienne
Marquise du Parc.
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¡ Corneille s’est épris de la comédienne Marquise du Parc. Pour elle, il retravaille la version parisienne de L’Etourdi et du Dépit amoureux.
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¡ Pour les débuts de la Troupe, les frères Corneille écrivent Les Précieuses ridicules d’après la pièce de leur ami l’abbé de Pure. Corneille a des comptes à régler avec les Précieuses, certains académiciens et les dévots mondains. Molière, lui, ne les a jamais fréquentés.
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Fin 1658, Molière monte à Paris afin de préparer l’installation de sa troupe.
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En octobre, Corneille et son « Moliere » montent à Paris afin de préparer l’installation de la troupe. Corneille le présente à la Reine-mère et à Monsieur frère du Roi.
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La Troupe reçoit le patronage de Monsieur. Elle joue devant le Roi Nicomède de Pierre Corneille, puis plusieurs tragédies du même. Pour attirer définitivement la sympathie du Roi, Molière interprète une farce.
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La Troupe reçoit le patronage de Monsieur. Elle joue devant le Roi Nicomède de Pierre Corneille, puis plusieurs tragédies du même. Pour attirer définitivement la sympathie du Roi, Molière interprète une farce.
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1659 Le célèbre comique enfariné Jodelet s’est joint à Molière pour la création parisienne des Précieuses ridicules « comme s’il eût pressenti qu’avec eux commençait une nouvelle époque de l’art comique, bien autrement glorieuse que celle qu’il représentait lui-même. » (Louis Moland)
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1659 Pour donner à la Troupe toutes les chances de réussir, les Corneille convainquent le comique Jodelet, à la célébrité duquel ils ont beaucoup contribué, de jouer dans Les Précieuses ridicules. Jodelet ne se joint à des inconnus que parce qu’il fait confiance aux frères Corneille.
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Les Précieuses ridicules triomphent.
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Les Précieuses ridicules triomphent. Le réseau d’influences de Corneille a fonctionné et, grâce au scandale, Molière est lancé.
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1660 Sganarelle ou le Cocu imaginaire
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1660 Sganarelle ou le Cocu imaginaire. Comme toutes les pièces non écrites par Corneille, l’auteur est inconnu. Trois écrivains sont les lieutenants de Molière : le « fidèle Subligny » (Niderst), l’ivrogne Claude Chapelle qui lui sert de secrétaire, La Grange, comédien lettré qui tient le Registre de la Troupe.
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1661 Ouverture du théâtre de Molière, le Palais-Royal. Création de Dom Garcie qui échoue.
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1661 Ouverture du théâtre de Molière, le Palais-Royal. Création de Dom Garcie qui échoue. Cette pièce est des frères Corneille. Molière, qui veut mériter son titre de Légitimé, espère encore pouvoir être le porte-parole de Pierre Corneille. Mais n’étant pas fait pour la tragédie, il ne sera que son prête-nom dans la satire.
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L’Ecole des Maris.
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L’Ecole des Maris.
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Les Fâcheux joués pour les fêtes organisées par le surintendant Fouquet.
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Les Fâcheux écrits par Pierre Corneille pour les fêtes organisées par son protecteur le surintendant Fouquet.
L’Avertissement de la pièce dit que « tout cela ne fut pas réglé entièrement par une même tête ». Parallèlement aux Fâcheux Molière joue Héraclius de son mentor Pierre Corneille.
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1662 Molière épouse Armande Béjart qui ne lui en sera pas reconnaissante.
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1662 Molière (40 ans) épouse Armande Béjart (19 ans). Il ne sera pas un bon mari. Elle s’éloigne de lui.
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24 novembre 1662 : Achevé d’imprimer du Dépit amoureux..
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24 novembre 1662 : Achevé d’imprimer du Dépit amoureux. L’éditeur Quinet en adresse un exemplaire au Conseiller du Roi, Lieutenant-général civil et criminel au baillage de Paris. Comme Molière, qui a signé la pièce, n’est qu’un amuseur populaire qui déplaît à l’aristocratie, car il est depuis 1660, comme l’a dit Somaize, « le premier farceur de France », Quinet confie au Conseiller du Roi que cette comédie est « de l’Auteur le plus approuvé de ce siècle », et c’est pourquoi il la lui offre. Pareille formule ne peut concerner que celui qui est pour tous, notamment pour l’ordre établi, « la gloire de la France ».
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Publication des Œuvres de Monsieur de Moliere.
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Publication des Œuvres de Monsieur de Moliere. « Ayant ainsi assuré ses droits de propriété contre les contrefacteurs et les plagiaires, il semble s’en être tenu là. On ne le voit pas remanier ses œuvres, les corriger comme l’ont fait par exemple Corneille et Racine. » (Gustave Michaut). Jamais Molière ne s’intéressera à ce qui est publié sous son nom.
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L’Ecole des Femmes.
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L’Ecole des Femmes, écrite par Pierre Corneille.
« Comment admettre que Molière se fût dépeint sous les traits d’Arnolphe dans sa comédie contemporaine de son mariage, 20 février 1662 ? On ne se bafoue pas soi-même, on ne se ridiculise pas sciemment aux yeux de celle qu’on aime et de qui l’on veut être aimé. » (Paul Lacroix). Tout s’explique si Corneille est l’auteur de la pièce ; d’autant que L’Ecole des Femmes montre la jalousie désespérée d’un vieillard et non d’un homme jeune.
Le monologue final de l’acte III est de style si romain qu’il détonne : « Il peut sembler étrange que Molière, en le faisant parler, ait comme oublié l’univers comique où se mouvait son héros » (Raymond Picard). Il n’y a rien d’ « étrange » : Corneille écrit en visant la hauteur, Molière joue pour le "parterre".
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Avec l’allusion au « monsieur de l’Isle » Molière s’en prend à Thomas Corneille.
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Pour le Père Niceron, leur contemporain, l’allusion au « monsieur de l’Isle » ne vise pas Thomas mais Charles Sorel, ami de longue date de Pierre Corneille et quelque peu imbu de ses origines. « Charles Sorel prétend donc descendre des anciens rois d’Angleterre. Ses ancêtres gardèrent du reste les armoiries des anciens Saxons décrites par Fauchet, les roses d’or sur champ d’azur, ainsi que le surnom de l’Isle ou des Isles, qui rappellent leur origine ; Charles Sorel lui-même signa ainsi plusieurs de ses ouvrages. » (Emile Roy).
¡ Corneille écrit à l’abbé de Pure qu’il aide la carrière de Mlle Marotte, comédienne chez Molière, qu’il a rencontrée à Rouen lors du séjour de la Troupe.
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Molière joue Sertorius de Pierre Corneille.
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Molière joue Sertorius de Pierre Corneille avant le délai légal et ne cessera plus de le jouer, ce qui montre un accord entre le Comédien et l’auteur.
¡ Puisque « Moliere » a désormais son théâtre et que sa présence est devenue indispensable, Pierre Corneille (et son frère) s’installe définitivement à Paris. « On ne sait ce qui décida Corneille à quitter une ville où il avait vécu cinquante-six ans – en fait, depuis sa naissance. » (René Guerdan).
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1663 La Critique de l’Ecole des Femmes.
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1663 La Critique de l’Ecole des Femmes, écrite par Corneille, le venge de son adversaire de toujours, l’abbé d’Aubignac.
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Molière donne sa profession de foi dans La Critique de l’Ecole des Femmes : « Je voudrais bien savoir si la grande règle de toutes les règles n’est pas de plaire, et si une pièce de théâtre qui a attrapé son but n’a pas suivi un bon chemin. »
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¡ Cette profession de foi est exactement celle que Corneille a définie dans l’épître dédicatoire de La Suivante, publiée en 1637 : « Puisque nous faisons des poèmes pour être représentés, notre premier but doit être de plaire à la Cour et au peuple et d’attirer un grand nombre à leurs représentations. »
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La « Querelle de L’Ecole des Femmes » oppose l’Hôtel de Bourgogne et le Palais-Royal, mais aussi Pierre Corneille à Molière.
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Avec la fause querelle de L’Ecole des
Femmes Corneille met en place une stratégie commerciale entre l’Hôtel de Bourgogne de son fidèle ami Floridor et le Palais-Royal de Molière, pour leur plus grand bénéfice financier à tous les trois. « Leurs ennemis avaient essayé de les animer l’un contre l’autre. […] Ces efforts de la malveillance n’obtinrent pas le succès qu’on se proposait. Les meilleurs rapports s’établirent entre Corneille et Molière. » (Louis Moland).
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Edme Boursault écrit Le Portrait du peintre ou La Contre-critique de L’Ecole des Femmes qui attaque Molière.
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Edme Boursault, disciple de Corneille, écrit Le Portrait du peintre pour entretenir la fausse rivalité entre les deux théâtres. Molière ira voir le spectacle.
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L’Impromptu de Versailles.
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Dans L’Impromptu de Versailles, Corneille (comme son protégé Floridor) prône une diction naturelle et se moque des comédiens de l’Hôtel de Bourgogne qui ronflent les vers, excepté, évidemment, Floridor.
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Donneau de Visé écrit Zélinde contre Molière.
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Donneau de Visé écrit Zélinde contre Molière.
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Donneau de Visé écrit La Vengeance des Marquis contre Molière.
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Donneau de Visé écrit La Vengeance des Marquis contre Molière. Il rencontre Corneille chez son protecteur le duc de Guise et devient son défenseur et ami. Il cesse alors d’écrire contre le Comédien et s’associe avec lui. Molière va créer plusieurs de ses pièces.
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Boileau devient l’ami de Molière.
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Boileau devient l’ami de Molière, mais avant de le rencontrer il avait écrit sa Deuxième satire à « Monsieur de Moliere » où il feint de s’étonner :
«Enseigne-moi, Moliere, où tu trouves la rime./
On dirait, quand tu veux, qu’elle te vient chercher./
Jamais au bout du vers on ne te voit broncher […] »
Or, Grimarest dit que Poquelin « était l’homme du monde qui travaillait avec le plus de difficulté ». Et de réaffirmer quelques pages plus loin : « il ne travaillait pas vite, mais il n’était pas fâché qu’on le crût expéditif ».
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Molière est pensionné comme homme de lettres.
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bouffon du Roi tout lui est offert et permis.
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La « Querelle de l’Ecole des Femmes » s’achève.
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A cause du comédien Montfleury jaloux de Molière, et qui l’accuse d’inceste envers Armande, la fausse querelle s’achève au plus grand bénéfice financier des deux troupes, comme l’explique leur contemporain, le comédien Chevalier.
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1664 Baptême de son premier fils Louis, dont Louis XIV est le parrain.
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1664 Baptême de son premier fils Louis, dont Louis XIV est le parrain.
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Le Mariage forcé.
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Le Mariage forcé.
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La Princesse d’Elide.
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La Princesse d’Elide.
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¡ « Son exercice de la comédie ne l’empêchait pas de servir le Roi dans sa charge de valet de chambre, où il se rendait très assidu. » (La Grange dixit). Racine écrit dans une lettre à l’abbé Le Vasseur que chaque fois qu’il va chez le Roi, il y rencontre le « comédien-tapissier ».
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¡ Donneau de Visé confirme que beaucoup d’écrivaillons proposent au directeur du Palais-Royal des scènes satiriques, de petits actes ou des pièces entières.
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¡ Poquelin ne cesse de mener une vie de fêtard avec ses compagnons libertins ou ses collègues de la commedia dell’arte du célèbre Scaramouche.
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Molière a pris sous sa protection le jeune Boileau.
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Molière a pris sous sa protection le jeune Boileau accusé lui aussi d’être un pilier de taverne.
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Tartuffe cause un scandale immense.
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Tartuffe cause un scandale immense. Louis XIV a chargé Molière de stigmatiser les faux dévots qui l’ennuient beaucoup, et Molière a chargé Corneille de cette mission (accomplie en trois actes).
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Tartuffe est interdit par l’Eglise toute-puissante.
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Tartuffe est interdit par L’Eglise toute-puissante. Corneille perd les lettres de noblesse que lui avait valu Le Cid. Il ne les retrouvera qu’en 1669, trois mois après que le Tartuffe a cessé d’être interdit et qu’il triomphera.
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Molière crée La Thébaïde, première pièce de Racine.
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Voltaire nous apprend que le Comédien a payé Racine cent louis pour composer, d’après un plan qu’il lui fournit, La Thébaïde. Corneille vieillissant, le Comédien fondait beaucoup d’espoirs sur cet auteur encore inconnu.
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1665 Dom Juan. Nouveau scandale religieux.
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1665 Dom Juan. Nouveau scandale religieux. L’équivalent de trois actes de cette pièce ont été écrits par Corneille (et elle sera un jour versifiée par son jeune frère Thomas à la demande de la veuve de Molière). Le reste, comme à l’accoutumée, a été farci par le Comédien et/ou ses factotums.
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La Troupe devient « troupe du Roi »
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La Troupe devient « troupe du Roi »
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L’Amour médecin.
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L’Amour médecin
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Molière crée Alexandre, deuxième pièce de Racine. Trahison de Racine qui apporte son œuvre à l’Hôtel de Bourgogne.
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Molière crée Alexandre, deuxième pièce de Racine. La décision de Racine de lui retirer sa tragédie n’est pas due à l’interprétation des comédiens, car il sait depuis longtemps à qui il a affaire. Il est probable que Racine a refusé d’être le fournisseur de Molière pour lequel il a écrit sa comédie Les Plaideurs. Figurant désormais sur la liste des gratifications, il peut financièrement se passer de Molière, d’autant qu’il a rencontré Corneille qui le lui a peut-être conseillé.
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1666 Le Misanthrope. Voir dans Alceste « la grande âme de Molière, selon moi, c’est un contresens » (Gustave Michaut).
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1666 Le Misanthrope est écrit par Corneille qui, avantage du prête-nom, a pu se mettre tout entier dans Alceste.
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Molière est gravement malade.
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Molière est gravement malade.
¡ Son éditeur principal, Jean Ribou, est un « corsaire littéraire » (Jules Taschereau), « un pirate de la librairie » (Georges Couton). Après lui avoir fait des procès, Poquelin, chez qui le sens des affaires prend toujours le dessus, s’est associé avec lui.
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Le Médecin malgré lui.
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Le Médecin malgré lui.
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Mélicerte, pastorale inachevée parce que le jeune Baron (élève favori de Molière), qui joue le rôle principal, vient de quitter la Troupe.
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Mélicerte, pastorale inachevée parce que Baron (14 ans), qui joue le rôle principal, vient de quitter la Troupe à la suite d’une dispute avec Armande jalouse des rapports qu’il entretient avec Molière (des contemporains et un pamphlet ont aussi accusé le Comédien d’amitiés particulières avec Baron).
Certaines scènes de Mélicerte ont été écrites par Pierre Corneille.
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1667 Le Sicilien ou l’Amour peintre.
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1667 Le Sicilien ou l’Amour peintre (Donneau de Visée, Subligny, Thomas Corneille, La Grange ?)
¡ Donneau de Visé, ami de Molière, est aussi celui de Thomas Corneille.
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Création par Molière de l’Attila de Pierre Corneille.
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Création par Molière de l’Attila de Pierre Corneille.
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Molière est propriétaire d’une maison secondaire à Auteuil.
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¡ Séparé de sa jeune femme Armande, Molière habite Auteuil avec Claude Chapelle qui ne cesse de boire avec lui. Plusieurs témoignages affirment que Chapelle seconde Molière. Voltaire dit qu’il n’a jamais recherché la réputation d’être un auteur. Cette absence de vanité littéraire explique la longévité de son amitié avec un Molière tellement égotiste qu’il ne peut se« permettre d’aimer autre que lui-même » (son ami Dassoucy dixit).
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La Troupe joue La Veuve à la mode de Donneau de Visé en complément d’Attila de Corneille, enchaîne avec sa Délie et son Embarras de Godard.
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La Troupe joue La Veuve à la mode de Donneau de Visé en complément d’Attila de Corneille (restons entre amis), et enchaîne avec sa Délie et son Embarras de Godard. Que Donneau de Visé, thuriféraire de Corneille, ait rejoint Molière serait incompréhensible s’il y avait réellement eu deux camps adverses.
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La représentation de Tartuffe vient d’être interdite une nouvelle fois..
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¡ Dans la préface d’Attila, Corneille oublie son propos, la Tragédie (et la sienne en particulier), pour défendre la Comédie contre les attaques des dévots hypocrites. La raison d’un tel engagement chez un auteur censé ne plus écrire de comédies depuis plus de vingt ans ? Tartuffe vient d’être interdit une nouvelle fois.
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1668 Amphitryon
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1668 Amphitryon, écrit par Pierre Corneille, réutilise la technique du vers libre qu’il a inventée deux ans plus tôt dans Agésilas. La pièce légitime l’adultère de Louis XIV. Le moliériste Alfred Poizat attribue l’essentiel de cette pièce à Corneille.
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George Dandin.
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George Dandin.
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L’Avare.
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L’Avare, retravaillé par Pierre Corneille.
¡ Grand ami de Molière, Boileau devient celui de Pierre Corneille. Dans une lettre, Mme de Sévigné, grande admiratrice de l’auteur du Cid, écrira que Boileau dit encore plus de bien de Corneille qu’elle.
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1669 La censure sur Tartuffe cesse. La pièce est rejouée en cinq actes édulcorés.
En février, elle remporte un succès triomphal.
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1669 La censure sur Tartuffe cesse. La pièce est rejouée en cinq actes édulcorés (la tradition veut que Chapelle ait eu sa part dans cette adaptation). En février, elle remporte un succès triomphal. En mai Corneille récupère les lettres patentes qui valident sa récente noblesse.
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Mort de Poquelin père.
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Mort de Poquelin père.
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Publication du Tartuffe ou l’Imposteur avec une longue préface en forme de manifeste.
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La Préface de Tartuffe écrite par Corneille utilise, pour désigner les nouvelles pièces à la mode, la formule : « les spectacles de turpitude ». L’expression, latine, est de saint Augustin. Corneille l’avait déjà employée dans la Dédicace de sa Théodore, vierge et martyre (1645). La colère qui l’animait vingt-cinq années plus tôt est toujours aussi vive.
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Monsieur de Pourceaugnac.
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Monsieur de Pourceaugnac.
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Publication des Nouvelles Œuvres de Monsieur J.-B. P. Moliere.
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Publication des Nouvelles Œuvres de Monsieur J.-B. P. Moliere (sans accent) dans lesquelles nous trouvons Zélinde de Donneau de Visé, aussi sa Veuve à la mode et, d’un auteur inconnu, L’Antimoine.
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1670 Les Amants magnifiques.
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1670 Les Amants magnifiques.
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Le Bourgeois gentilhomme.
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Le Bourgeois gentilhomme. Molière s’est associé avec Jean-Baptiste Lully, musicien de plusieurs de ses spectacles, pour spolier l’abbé Perrin qui dirige l’Opéra. Molière utilise Le Bourgeois pour le ridiculiser, notamment avec la chanson "Janneton" dont Perrin est l’auteur. Mais Lully trahit Molière et se réserve le privilège de la musique royale, ce qui fâche son ex-associé qui lui avait prêté 11 000 livres pour un hôtel particulier.
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Création par Molière du Tite et Bérénice de Pierre Corneille
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Création par Molière du Tite et Bérénice de Corneille. Nous savons par le chroniqueur Robinet, ami du poète, que celui-ci ressent pour Armande « une tendresse extrême ». Des témoignages montrent que Corneille et Molière sont amis et dînent ensemble.
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1671 Psyché.
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1671 Psyché, écrite par Pierre Corneille, ainsi que le dit l’Avertissement du Libraire, sera pourtant publiée sous le seul nom de Molière. C’est l’unique fois où leur association est mentionnée parce que Psyché a nécessité la collaboration de deux autres célèbres artistes : Philippe Quinault et Jean-Baptiste Lully.
Corneille ne publiera dans son Théâtre complet (1682) ni Psyché ni aucune des pièces vendues à Molière ni, d’ailleurs, celles écrites pour Richelieu (il a commencé sa carrière comme collaborateur du cardinal). Nous connaissons donc la nature du contrat qui liait les deux hommes : les pièces achetées par Poquelin lui appartiennent définitivement (Le célèbre Alexandre Hardy abandonnait lui aussi ses pièces à la troupe qui les lui avait achetées).
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Madeleine Béjart meurt le 17 décembre, à l’âge de cinquante-trois ans.
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Madeleine Béjart meurt le 17 décembre, à cinquante-trois ans. Elle laisse une belle fortune à sa fille Armande et à son époux Jean-Baptiste Poquelin qui a déjà 14 000 livres de revenus annuels (ou le double si nous en croyons Grimarest) : soit en quatre ans plus que ce que Corneille a gagné durant toute sa carrière.
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Les Fourberies de Scapin. La Comtesse d’Escarbagnas.
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Les Fourberies de Scapin. La Comtesse d’Escarbagnas.
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1672 Les Femmes savantes.
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1672 Les Femmes savantes sont écrites par Corneille qui se venge de l’abbé Cotin et de tous les mondains et les doctes qui lui gâchent la vie depuis Le Cid (1636) et peut-être plus encore depuis Polyeucte (1642).
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¡ La tragédie Pulchérie de Corneille a été écrite pour Armande, nous dit le chroniqueur Robinet, ami du poète. Elle ne sera pas créée par Molière trop épuisé par la maladie.
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Molière, fâché avec Lully, remplace sa musique pour Le Mariage forcé (1664) par celle de Charpentier.
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Molière, fâché avec Lully, remplace sa musique pour Le Mariage forcé (1664) par celle de Charpentier. En septembre, Lully, musicien, obtient de Louis XIV le privilège que Molière, comédien, a sur les auteurs de théâtre : « une pièce de Molière dont Lully ferait la musique serait désormais la propriété de Lully. » (Georges Couton). Autrement dit, le musicien d’un spectacle a préséance sur le metteur en scène qui a préséance sur l’auteur de la pièce. Voilà clairement définie la pratique théâtrale, propre au XVIIe siècle, qui nous fait croire, aujourd’hui, à l’"œuvre" de Molière.
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1673 Le Malade imaginaire. Atteint d’une grave maladie pulmonaire qui ne le laisse plus en paix depuis de longues années, Molière suffoque durant la quatrième représentation. Il meurt quelques heures plus tard.
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1673 Le Malade imaginaire.
Atteint d’une grave maladie pulmonaire qui ne le laisse plus en paix depuis de longues années, Molière suffoque durant la quatrième représentation. Il meurt quelque heures plus tard dans les bras de Baron.
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Inhumation chrétienne, sur ordre du Roi, au cimetière de Saint-Joseph, à Paris.
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Inhumation chrétienne, sur ordre du Roi, au cimetière Saint-Joseph, à Paris, où sont enterrés les enfants morts sans baptême, les suicidés et les fous.
« Le cercueil de Poquelin fut recouvert du poêle des tapissiers. Sa veuve voulut montrer ainsi, par une sorte d’ultime et publique déclaration, que son mari était demeuré étranger à l’œuvre théâtrale qu’on lui imputait. » (Maurice Garçon).
¡ Corneille, qui a suivi le cercueil, cesse d’écrire.
¡ L’inventaire après décès montre que Poquelin possédait moins de 350 ouvrages, dont beaucoup étaient des cadeaux de ses amis. Un grand nombre d’ouvrages portent la marque d’Augustin Courbé, l’éditeur des Corneille : « Molière semblait s’adresser à Courbé pour garnir sa bibliothèque » (Madeleine Jurgens).
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Molière ne laisse aucun manuscrit.« Pendant treize ans de vie provinciale, Molière n’a pas manqué d’écrire à sa famille et à ses amis restés à Paris et qu’il avait quittés à l’âge de vingt-trois ans. Et, après son retour, il a bien dû donner de ses nouvelles aux amis qu’il avait pu se faire en province. Que pas un seul billet ne nous soit parvenu, voilà qui est étrange, et qui a donné à penser à une destruction systématique. Mais sur l’ordre de qui ? Et, même dans cette hypothèse, qu’aucun indice d’ailleurs ne vient appuyer, comment croire qu’aucun papier n’y ait échappé ? Ne cherchons pas à expliquer l’inexplicable ; l’historien doit savoir ignorer. » (Georges Mongrédien).
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Poquelin ne laisse aucun manuscrit.
Aucune correspondance.
Aucun billet, professionnel ou amoureux.
Aucune annotation.
Aucune dédicace.
Les deux reçus de 1650 et de 1656 sont considérés aujourd’hui comme des faux par les moliéristes (surtout à cause des fautes d’orthographe).
« Ne cherchons pas à expliquer l’inexplicable ; l’historien doit savoir ignorer. » (Georges Mongrédien) est un credo bien commode.
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¡ En revanche, par le registre de la Troupe qu’a tenu le comédien La Grange nous apprenons que Molière « avait presque constamment, depuis la première représentation de L’Ecole des Femmes, quatre parts de sociétaires dans les bénéfices de son théâtre : une pour sa femme, une comme acteur et deux comme auteur. Il en toucha même parfois cinq. » (Jules Taschereau).
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¡ Bien qu’il ait été l’auteur de Timocrate, la pièce la plus représentée de son temps, Thomas Corneille, qui a toujours agi comme son frère aîné, est le "nègre" de comédiens célèbres (et prête-noms) tels Montfleury ou Hauteroche. Il écrira aussi certaines pièces signées par son ami Donneau de Visé désormais historiographe du Roi et gratifié de 12 000 livres annuelles.
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¡ « Depuis la mort de Molière, le nom de Corneille avait perdu presque toute influence sur les comédiens de la rue Guénégaud [la troupe d’Armande]. » (Arthur Heulhard).
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¡ Corneille devient l’ami du célèbre et riche Baron, l’élève préféré de Molière, qui, comme son maître, se met, en fréquentant Corneille, à écrire des pièces. La rumeur attribue à Pierre Corneille la plus célèbre d’entre elles : L’Homme à bonnes fortunes, parue sans nom d’auteur.
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1674 Les Corneille quittent leur appartement de la rue des Deux-Portes pour un logement plus modeste de la rue de Cléry. « Il est permis de conjecturer que c’est chez l’un des nombreux frères de Poquelin père : Robert Poquelin, prêtre et docteur en Sorbonne, propriétaire d’un immeuble avec jardin, que les Corneille louèrent deux logements. [...] Sans affirmer que ce soit là la demeure des Corneille, de grandes probabilités le suggèrent parmi lesquelles la plus évidente : les relations de constante amitié qui lient la famille Corneille à celle de Molière. » (Le Corbeiller).
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Molière mort, Corneille sait qu’il vient aussi de perdre l’essentiel de ses revenus, et que la troupe, désormais dirigée par Armande, ne jouera plus ses tragédies comme avant, puisque, sans Molière, il n’est plus rentable. « Ce qui prouve combien Molière manquait à Corneille, c’est que ses successeurs ne donnaient rien ou presque rien du répertoire cornélien depuis la mort du fondateur de la troupe. » (Arthur Heulhard)
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1677 Armande se remarie avec le comédien Guérin d’Estriché. « … la veuve de Molière, la Guérin, qui, comme tant de veuves de grands hommes, s’était remariée peu dignement. » (Sainte-Beuve).
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1677 Armande se remarie avec le comédien Guérin d’Estriché qui est, autant par le caractère que par le physique, l’opposé de Molière : « Un naturel parfait, une diction juste et sage, une grande honnêteté, en faisaient un homme sympathique.» (Henry Lyonnet).
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¡ Thomas Corneille, un des fournisseurs de la nouvelle troupe d’Armande, versifie Dom Juan. Son adaptation sera, pendant deux siècles, jouée sous le nom de Molière.
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1682 Publication par La Grange, comédien de la troupe, des Œuvres de Monsieur de Molière.
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1682 Publication du Théâtre complet de Pierre Corneille en 4 volumes in-12. Quelques mois plus tard paraissent les Œuvres de Monsieur de Moliere (sans accent) ou plutôt, comme l’explique Pierre Louÿs : Corneille « publie ses œuvres complètes et celles que signa Molière à la suite des pièces qu’il avoue. » Les pièces Dom Garcie de Navarre, L’Impromptu de Versailles, Dom Juan, Mélicerte n’ayant jamais été publiées, et le nom de Corneille ayant été rendu public pour Psyché, La Grange et son compagnon Vivot ont attendu de voir ce que le dramaturge allait revendiquer. Mais Corneille ne revendique aucune des pièces achetées par Molière, pas même Psyché.
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Dans la Préface des Œuvres de Monsieur de Moliere, La Grange dit son regret que Molière n’ait jamais pris la peine de corriger les pièces qu’il publia, et qui sont tellement remplies d’erreurs qu’il a fallu les revoir toutes. Jamais Poquelin n’a relu les pièces vendues à ses éditeurs.
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« J’ai eu la curiosité de lire toutes les préfaces de ces auteurs dramatiques dont beaucoup, comme Molière lui-même, furent comédiens et parfois de sa troupe même : Baron, Boursault, Brécourt, Champmeslé, Thomas Corneille, Donneau de Visé, Hauteroche, Montfleury père et fils, La Tuilerie, Raymond Poisson, Quinault, Rosimond, Brueys et Palaprat, Regnard, Dufresny, Dancourt ; pas un ne cite le nom de Molière, ne fait allusion à son œuvre. [...] Alors que la littérature du XVIIe est si abondante sur l’œuvre d’un Corneille et d’un Racine, pourquoi est-elle si pauvre sur celle de Molière ? » (Georges Mongrédien).
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La réponse est simple : ses contemporains savent que le " théâtre " de Molière n’est pas l’œuvre d’un homme, mais une entreprise commerciale. Et cela explique aussi pourquoi Molière, bien que protégé de Louis XIV, ne fut jamais pressenti pour siéger à l’Académie française, les statuts de cette institution lui interdisant d’élire un comédien. Pour Henry Lyonnet : « Qu’on ne s’y trompe pas. Ce sont les siècles suivants qui ont placé Molière sur le piédestal où nous le trouvons. »
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¡ Meilleur ami de Thomas Corneille avec lequel il dirige le Mercure galant, Donneau de Visé est membre du conseil de famille d’Armande, mère de la jeune Esprit-Madeleine.
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1684 Mort de Pierre Corneille. A l’Académie française, c’est Racine qui prononce son éloge : « une magnificence d’expression proportionnée aux maîtres du monde qu’il fait souvent parler, capable néanmoins de s’abaisser, quand il veut, et de descendre jusqu’aux plus simples naïvetés du comique, où il est encore inimitable. » Puisque Racine reconnaît à son prestigieux aîné un style « inimitable », même dans la comédie, comment expliquer que Molière ait pu si facilement l’imiter tout au long de sa carrière ?
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1702 L’une des raisons majeures du pacte qui a uni Corneille à Molière nous est donnée par son neveu Fontenelle. Il écrit à propos de Psyché : « étant à l’ombre du nom d’autrui, il s’est abandonné à un excès de tendresse dont il n’aurait pas voulu déshonorer son nom. » (Vie de Corneille, 1702). L’association avec Molière a surtout permis à Pierre Corneille bien d’autres « excès » : celui de la moquerie, de la pointe, de la revanche, et plus encore elle lui a permis de continuer à être celui qu’il a toujours été : le plus grand des dramaturges, et l’auteur des meilleures comédies, qu’il les ait signées ou pas. Il a pu aussi établir ses six enfants (ses deux fils aînés, officiers du Roi, lui coûtaient une fortune) et, pendant toute la durée de sa collaboration avec son « Moliere », ne pas se « déshonorer » en sollicitant ainsi qu’il le fit avant 1658 et le fera après 1673.
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¡ Baron publie une dizaine de pièces sous son nom. Le Rendez-vous des Tuileries et les Enlèvements reproduisent le premier, une scène de L’Impromptu de Versailles, le second, deux scènes de Mélicerte. « Le père de la Rue qui, jeune, méritait son amitié [celle de Pierre Corneille], composa, dit-on, L’Andrienne qui fut représentée sous le couvert de Baron. » (Maurice Allem). Si l’on ajoute L’homme à bonnes fortunes que la rumeur attribue à Pierre Corneille, on voit que Baron est vraiment le disciple de Molière.
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1705 Grimarest publie la première biographie de Molière.
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1705 Grimarest publie la première biographie de Molière : « Je n’ai point fait la Vie de Moliere comme Comédien, mais comme Auteur. » En raison de ce parti pris, le prête-nom Molière doublé d’un entrepreneur de spectacles est présenté comme l’auteur – au sens moderne de ce mot – de tout ce qui fut joué sous sa direction. A la lecture de l’ouvrage, Boileau, qui a bien connu Jean-Baptiste Poquelin, prononce ce verdit sans appel : « Pour ce qui est de la Vie de Moliere, franchement ce n’est pas un ouvrage qui mérite qu’on en parle ; il est fait par un homme qui ne savait rien de la vie de Moliere, et il se trompe de tout, ne sachant pas même les faits que tout le monde sait. »
C’est la Vie de Moliere par Grimarest qui cautionne tous les travaux des moliéristes « car, depuis tantôt un siècle, Molière est passé dieu. » (Gustave Larroumet, 1903).
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